#471

J’ai imaginé l’histoire d’un homme enfermé dans un chalet isolé en pleine tempête de neige pour y écrire son chef-d’oeuvre. Jusqu’au moment critique où, après avoir brulé tout ce qu’il y avait de consumable pour se chauffer, bûches, table, chaises, plancher, le dernier moyen de ne pas mourir de froid consistait à jeter au feu les milliers de pages que comptait son récit gigantesque, en attendant les secours. Mais à bien y réfléchir, cette nouvelle ne tenait pas la route. Alors faute de pouvoir en faire quelque chose je préfère abandonner sa carcasse ici, dans cette espèce de débarras littéraire, comme un artisan d’histoires qui remiserait au placard des caisses de phrases « au cas où ça servirait un jour » sans plus jamais y toucher jusqu’à sa mort.

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