#503

Écouter le chant des oiseaux au petit matin n’aura fait que raviver l’irréductible tension qui me détermine : j’aimerais pouvoir me réjouir de ces concerts de gazouillis où semblent éclater la joie, la légèreté, les ferments de la belle saison ; mais l’illusion finit toujours par se dissiper peu à peu, jusqu’à ce que je ne parvienne plus à percevoir dans ce vacarme trompeur autre chose que la réalité telle qu’elle est, et qui me renvoie sans détour à ce qu’il y a de plus tristement commun en nous : chercher à baiser la première venue, défendre son territoire par l’intimidation bruyante, écarter ses concurrents en employant au besoin toute la brutalité de sa race.

Post navigation